Démarche


Du silence à la rencontre avec le monde

Philippe B a l l a n d


Le silence, je le ressens depuis toujours. C’est un mot sans matière, une idée sans nom. Le silence dans la tête est un regard sur soi, sur les autres avec l’univers. C’est un passé, un devenir, une culture, une envie, une question.

Pour exister le silence à besoin d’une forme. Abstraite à partir de 1986, dans une matière épaisse je la conçois figurative 12 ans plus tard. Elle cesse alors de devenir silencieuse. Elle contient une énergie et une possibilité infinie d’échange avec soi même.

Le monde à la rencontre de la peinture

Depuis mes études aux Beaux Arts de Paris, je confirme que la peinture à l’huile a ses lois; et qu’elle me renvoi ce qu’elle me donne. Je ne peins plus dans la matière, mais avec la matière. Je maîtrise le plan et la peinture sur la toile pour créer un monde visible, silencieux et libre.

En réalité sur la toile n’existe que deux dimensions, la verticalité et l’horizontalité. La confrontation des deux à pour effet de créer une distance et un espace de vie. C’est ainsi que je pense par les vides et regarde par les pleins. Ma peinture à l’huile est fluide, elle donne au sujet la possibilité de vivre et d’être en nous même.

La peinture à la rencontre de soi

Je pense que la représentation de ce monde n’a aucun sens si l’on n’en fait pas partie. En 1998 Je matérialise le concept de la maternité, par une vision humaniste avec «La naissance de Marie», réalisée pour l’église de Montfaucon dans le Doubs. Mon regard se pose sur les gens, un miroir de moi même. Je privilégie des sujets comme: les couples, les nus, la douleur, les épouvantails, les arbres et les plantes.

Ma rencontre avec l’Italie

En 2010, ma rencontre avec la céramiste italienne Angela Campanile ouvre un long dialogue sur les conséquences de la société de consommation et sur l’influence de la culture répandue par les mass médias. Naissent de profondes réflexions sur la culture de masse et sur la culture produite par la masse et nous créons l’installation «FrammentAzione».

Les nombreux voyages au sud de l’Italie m’ouvrent vers un nouveau monde, l’univers de la danse de la « Tarentelle ». Je m’inspire de la sacralité de cet univers et je réalise l’installation «le cercle de la vie». Un cercle de 36 tableaux de 2 m de diamètre, le nombre de peinture est liée à ma nouvelle vision du monde, à 360°. Je me base sur la forme du cercle comme cette typologie de musique en représentation. En 2012 observant cette danse je comprends que les pas de la tarentelle ont la forme de la spirale. Pour renforcer ce discours je propose à Angela Campanile d’installer sont œuvre «SpiraLux» à l’occasion de l’exposition «2 mais pas Deux» à Roche lez Beaupré (Doubs).

A Naples je ressens à tout moment l’énergie du feu qui est dans la terre et dans le sang. Les gens de Naples vivent tous les jours à l’ombre du volcan, le Vésuve. Avec Angela Campanile en 2013 nous avons réalisée l’installation « A l’ombre du Vésuve ».

Je représente avec la danse de la tarentelle et le masque de Polichinelle, comment Naples exorcise la peur de la mort. Un vol d’oiseaux se libère, en sortant du tableau il se transforme en lave : une autre matière, une autre couleur. Le vol «de lave» en céramique d’Angela Campanile complète le discours de la peinture. La couleur de la lave renforce la représentation d’un peuple et d’une culture qui conserve sans en avoir conscience la légèreté et la tranquillité de la relation vie et de la mort.

Aujourd’hui un regard sur l’univers

«Même si la peinture ne change pas le monde, elle porte à un autre regard sur le monde»

En 2013 un vol d’oiseaux dans le golfe de Naples emmène ces animaux dans ma peinture... Pendant l’été 2014, en France et en Italie, je peins des moineaux. Le sujet est un prétexte à la simplicité du monde. Sa lecture révèle des « piafs » symbole de liberté, d’indépendance, et la force de leur vulnérabilité.