« Il faut devenir maître de son cœur et non laisser son cœur devenir le maître ». Nichiren Daishonin.


En dehors de toute analyse spirituelle sur cette citation bouddhique, il convient de dire, du moins j’entends par cette citation, si je veux en faire un concept pictural, l’application direct de la pensée de son cœur et de la technique ; comme devenir maître de son pinceau et non laisser son pinceau devenir le maître. La tendance en peinture est de penser à un objectif et de le soumettre à une règle, une attitude, une technique afin d’y parvenir ; c’est ce que l’on appelle de nos jours « démarche ». Au risque de se tromper, c’est voir un monde unique et illusoire. Je propose au contraire d’aller vers un monde universel en observant et en respectant ses lois. Des lois égales pour tous les éléments de la vie, cela vaut, bien sûr pour la peinture qui réagit comme le reste du monde. D’une façon objective, la peinture ce sont deux yeux et un bras en action avec de la couleur et  de la matière sur un plan limité. D’une façon subjective, c’est cet ensemble qui devient l’énergie et la force vitale de la création. De façon objective et de façon subjective on se retrouve devant un fait et une conséquence (dont on devient responsable). C’est ainsi qu’il ne faut pas laisser son pinceau devenir le maître, au risque de tomber dans le vulgaire, l’esthétisme, l’arrogance et la certitude d’avoir raison. La peinture ne transmet que ce que l’on lui dit de dire et elle ne dira que ce que l’on voudra bien lui faire dire. Comprendre cela, c’est comprendre que la peinture n’a pas de limite. Ainsi « devenir maître de son cœur » c’est rester maître de son pinceau, responsable, dialoguer, et s’élever avec ce qui est en train de se créer. A ce niveau les lois de la peinture sont puissantes, elles deviennent indépendantes, libres et font partie de notre cœur. La peinture nous exhorte à voir notre cœur et ainsi à voir celui des autres. Elle révèle un potentiel infini de l’instant, un instant présent, perpétuelle et vivante. Cela revient à dire que la peinture est autonome. Come un enfant nous l’aidons à grandir ; elle est notre miroir, reflet d’elle même, reflet de l’univers.