L'argument et l'objet (le sens des choses)


L’objet d’un point de vue physique, ou subjectif, c’est-à-dire le sujet désigné comme objet, personnalise l’événement. L’argument peut être le moyen d’expliquer les différents événements qui se sont déroulés durant l’élaboration du projet, de sa conception, de sa création, de son innovation.

Dire que les événements justifient l’objet au moment où il est présenté, c’est une façon de considérer l’argument par rapport à soi. C’est se placer dans une position de certitude. C’est se mettre au centre de l’objet. L’objet devient le double de sa personne et vous identifie. Cela a pour effet de parler de l’objet avec son passé. Mais l’argument peut être aussi le moyen de donner à l’objet son autonomie. L’objet parlant de lui s’argumente à partir de ce qu’il est, c’est-à-dire vers un présent et un futur « ici et maintenant ».

Doit-on se poser la question si l’on se met au centre de l’objet, ou si l’on met l’objet au centre de l’argumentation ?

L’objet ne peut être la conséquence du passé mais un effet vers l’avenir. Justifier ce que l’on à fait c’est argumenter l’objet en référence au passé. Déplacer l’argument au présent à pour effet de placer l’objet vers son futur. L’argument ne parle plus de soi mais de l’objet. Détaché de sa propre création nous aborderons l’objet avec un sens critique, de la compassion pour celui-ci et pour ceux qui en feront usage.

La peinture est un argument, elle n’a d’aucune manière, raison de se justifier pour nous-même, mais de justifier d’elle-même.

Soutenir une argumentation en se mettant au centre, c’est partir en guerre, et vouloir passer en force. Réfléchir sur une argumentation en mettant au centre l’objet c’est œuvrer pour l’innovation, à la condition que cet objet contienne sa propre argumentation.