Ma démarche



Devant cette liberté de peindre, à maîtriser la matière, il convient de maîtriser son sujet.

Le sujet n’est autre que le rapport entre soi et l’environnement dans lequel on habite. Le peintre fait voir son sujet comme il sent, comme il a compris, comme il perçoit sa vie et celle des autres. Le talent du peintre ne se voit pas en tant que profession, mais en tant qu’homme.

Le sujet n’est pas une fin en soi, ni un point d’arrivée ; il est un point de départ, une mise au point. La toile devient un objet qui recentre notre regard au fond de notre cœur et partage le moment présent. La présence de l’objet devient le temps présent, le temps zéro et l’infini à la fois. Ce sont l’alpha et l’oméga.

Ceci étant dit, il suffit d’y croire ou de ne pas y croire pour annihiler cet objet. Etre devant une vérité, une vérité sincère, n’est pas forcement la vérité. Les valeurs auxquelles l’homme se raccroche ne sont pas forcément empreintes de vérité.

Le soleil et la pluie se cofondent. Aimer le soleil sans concevoir la pluie, c’est construire un désert  dans lequel rien ne peut grandir.

Voir un personnage dans un paysage, sans qu’il lui appartienne c’est le dissocier du monde auquel il appartient. C’est ainsi que la démarche se retrouve dans le sujet. Le sujet étant dans la peinture, les deux se confondent. L’un dépend de l’autre.

Si j’utilise la peinture, c’est parce que les choses les plus profondes ne sont accessibles que par mes yeux et la matière. Le sujet est un prétexte et sa lecture est la révélation.