Au cœur de la matière se retrouve le sens des choses


C’est la grande leçon de la peinture abstraite, que l’on peu dire aussi « non figurative ».

La matière est un être vivant qui ne laisse pas insensible. Le rapport que l’on a avec elle, nous fait réagir d’une manière ou d’une autre. Elle a en elle le pouvoir de réveiller en nous un miroir sensible. Une profondeur d’esprit qui découvre le sens de l’instant à respirer.

La matière est comme un élastique, elle contient en elle dix mille mondes capables de se démultiplier tout en appartenant à une seule entité.

C’est dire que si une structure quelconque est capable de la diviser, sa densité sera capable de la réunifier.

La matière porte en elle un pouvoir régénérateur de ce qui pourrait la séparer. Dans quelques que dimensions que ce soit, visibles ou invisibles, elle ne pourra rester isolée. Elle reprendra sans cesse une forme qui lui permettra de se rattacher à la vie. C’est le sens même d’une peinture « ratée » ou « non finie » qui gardera sa place au fond de l’atelier. Ce n’est plus la peinture qui a du sens, mais l’atelier qui prend le sens de ce qu’il contient. De la matière limitée par son cadre, nous sommes passés à une matière limitée par des murs. La réalité et le sens sont toujours là, au cœur d’eux-mêmes, sur la toile ou dans l’atelier ! C’est seulement le cadre qui s’est déplacé.

En quelque sorte nous sommes toujours acteurs sur le sens des choses à un degré ou à un autre, nous donnons le cadre de notre dessein.