La forme des vides - La forme des pleins


La forme des pleins ne peut exister sans les vides et la forme des vides ne peut exister sans les pleins.

Les pleins se repèrent de façon objective et les vides de façon subjective. L’un existe pour son objectivité, se structure de façon concrète et l’autre existe pour sa subjectivité et son interprétation.

C’est dire que si la relation au monde est objective, scientifique pourrait-on dire ; mis en face de nous-même, ce monde devient subjectif.

Le rapport des deux se pose donc ainsi : le monde objectif appartient à lui-même ; le monde subjectif appartient à nous-même. S’il nous appartient de le partager dans les arts ou en dehors  des arts c’est seulement sur la base de la connaissance et de Sa vision humaine, voire « culturelle ».

Rester sur un regard objectif, c’est considérer le monde pour lui même ; chercher à le réunir sur une base objective, n’est possible que par le concept. Si l’on souhaite voir ce monde de façon subjective, ce ne sera possible que par le regard du cœur.

Voir l’un sans voir l’autre n’est guère possible que si l’on considère que l’un n’existe pas sans l’autre. Comment alors matérialiser l’un et l’autre en peinture ?

C’est la forme qui sera l’actrice des deux événements. Je ne parlerai pas de la forme vue de façon objective, les livres d’apprentissage du dessin en parlent déjà bien assez. Je parlerai plutôt de la forme des vides.

Mais parlons déjà de la forme – La forme est ce quelque chose qui nous fait voir, sentir, toucher, penser. Elle se repère par un contour, une lumière. Une forme est une entité objective et subjective à la fois. En peinture elle va pouvoir se gérer grâce à la relation du plan de la toile et de la matière. L’un réagit par rapport à l’autre si tant est que l’on utilise toutes leurs propriétés.

Sur le plan la forme n’est ni pleine, ni vide. Elle ne se distingue de l’une à l’autre que par la structure qu’on lui donne et la lecture que l’on en a (lecture subjective de toute la surface)

Si j’e reviens à ma réflexion sur l’objectivité et la subjectivité, il sera alors facile de comprendre que la forme, si elle représente l’un et l’autre existera en tant que telle aussi bien dans les pleins que dans les vides. Il sera alors aisé de traiter les pleins et les vides aussi bien de façon objective que de façon subjective,

L’invisibilité de notre cœur apparaitra à travers la visibilité de la matière. La forme des vides, c’est la conscience, c’est l’apprentissage d’un regard. C’est la relation humaine à toutes choses. C’est là que l’on voit nos émotions et nos richesses. Elle s’exprime par une lumière, une couleur, la forme est présente ou absente. Elle passe au dessus du sujet, va à droite ou à gauche, elle sort de la toile, la traverse… Du dessin au dessein (desseigner, dessigner) la forme s'articule dans notre relation à l’instant et à l’universel. Elle nous met en contact avec la réalité subjective d’une peinture et la réalité objective du monde.